La Belle au Blé Dormant

La Belle au Blé Dormant cuisine bio et bon, végétarien (souvent) et gourmand (toujours !). Parce que son prince avait banni gluten et lait de vache de son alimentation pour des raisons de santé, elle aime aussi cuisiner sans - mais pas seulement !

20 janvier 2009

Potée de légum(ineus)es, sans blé (avec ou sans gluten)

Il y a quelques mois, la Dame Oiselle m'a fait découvrir le livre de Barbara Kingsolver, Un jardin dans les Appalaches. Dès les premières pages, j'ai su que ce livre ferait écho en moi, me donnerait envie de partager et d'avancer encore un peu plus sur mon chemin.

Dans ce récit autobiographique, la romancière Barbara Kingsolver nous raconte comment, avec son mari et ses deux filles, elle décide de tenter l'expérience de vivre pendant une année des produits de leur ferme des Appalaches ou des fermes de la région. Une année pour s'interroger sur leur consommation et devenir "locavores".

Ecrit à 8 mains, le récit est vif, plein d'humour et d'auto-dérision, et très agréable à lire du fait de l'alternance des genres  - journal de bord, exposés informatifs et recettes de cuisine.

Les fiches de lecture rédigées dans mon adolescence sont déjà bien loin... J'ai perdu la main... J'espère juste que, par ce billet, j'arriverai à éveiller votre curiosité.

La mienne, en tout cas, a été plus que piquée, et cette lecture s'est inscrite dans ma réflexion sur notre manière de consommer.

Potee1  Potee2

Désormais, je fais encore plus attention à la provenance de ce que j'achète*. Mon regard s'est vite affûté, mes choix se précisent chaque jour. Dans la mesure du possible, je consomme bio et local/français/européen et j'essaie de privilégier les circuits courts, de producteur à consommateur, ou les commerces locaux.

De là à devenir locavores...

Pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Nous n'en avons pas encore la volonté (pour rien au monde, je ne me passerais de chocolat ! Et je ne suis pas prête non plus à faire l'impasse sur le sucre, les amandes, les épices, les agrumes, le sarrasin, les graines  de lin et de sésame, pour ne citer que quelques produits d'ailleurs qui ont une place privilégiée dans ma cuisine) ni les conditions matérielles (un petit jardin de ville qui n'est même pas à nous, c'est bien, mais cela ne suffit pas !). Mais je me dis que c'est déjà bien.

La recette d'aujourd'hui est à l'image de notre chemin : engagé, mais pas complètement abouti. Tous les légumes  proviennent de notre panier bio, les aromates ont poussé dans notre jardin (ou celui d'amis) - mais pas le bouillon de légumes (Anne me conseillerait de le préparer moi-même). Les légumineuses et céréales ont été produites en France à l'exception du soja vert (mais je n'en suis même plus sûre) : haricots blancs de Vendée, flageolets du Poitou, lentilles vertes du Puy, pois chiches de l'Hérault, petit-épeautre de Haute Provence et riz de Camargue**.

Au final, une potée presque locavore et surtout très savoureuse ! Rapide à préparer, elle est encore meilleure réchauffée. Parfaite lorsque le temps est à la grisaille...

* Notre réflexion ne s'arrête pas à l'alimentation, mais c'est, à mon avis, la voie de changement la plus aisée. A côté, il y a aussi  par exemple l'habillement, la quincaillerie, les livres (avez-vous déjà regardé où étaient imprimés les livres que vous lisez, ou que lisent vos tous-petits ? Non ? Cela fait réfléchir.)...

** Une fois n'est pas coutume, la recette proposée aujourd'hui est sans blé, mais pas exempte de gluten puisqu'elle contient du petit épeautre, variété de blé ancestrale qui ne contient que 7,2 % de gluten (contre 69 % pour le blé) et est de ce fait souvent mieux tolérée par les personnes sensibles au gluten.

Pour une version sans gluten, n'hésitez pas à remplacer le petit épeautre par du riz complet que vous ajouterez 40 minutes avant la fin de la cuisson, sans trempage.

Potee3

Potée de légum(ineus)es
(Pour 4 personnes, ou 2 repas pour 2 personnes)

50 g de petit épeautre de Haute Provence (ou de riz complet de Camargue pour une version sans gluten)
50 g de pois chiches
50 g de lentilles vertes du Puy
50 g de haricots blancs de Vendée
50 g de flageolets
50 g de soja vert

2 carottes
1 navet long blanc
Le vert d'1 poireau
1/4 de céleri-rave
3 gousses d'ail
2 feuilles de laurier
1 branche de thym
1 petit branche de romarin
1 bouillon de légumes
Sel, poivre

La veille au soir, mettre à tremper le petit épeautre et les légumineuses dans un grand volume d'eau (si vous faites la version sans gluten, réserver le riz).

Le jour J, rincer le petit épeautre et les légumineuses. Mettre dans un faitout et couvrir largement d'eau. Faire chauffer à feu vif pour porter à ébullition.

Pendant ce temps, laver les légumes en les brossant (s'ils sont bio, inutile de les éplucher !). Les couper en morceaux. Les mettre dans le faitout.

Eplucher l'ail, le dégermer et l'émincer. L'ajouter à la potée en même temps que les aromates.

Laisser cuire à feu doux pendant 1 heure 30 à 2 heures (Pour la version sans gluten, ajouter le riz 40 minutes avant la fin de la cuisson).

10 minutes avant de servir, ajouter le bouillon de légumes. Saler et poivrer.


Commentaires sur Potée de légum(ineus)es, sans blé (avec ou sans gluten)

    je rejoins cette volonté de manger le plus possible local etc... même si ce n'est pas toujours facile, petit à petit j'y viens, à mon rythme!

    Posté par Mirabelle, 20 janvier 2009 à 10:48 | | Répondre
  • L'important, c'est d'aller à son rythme. Et de s'arrêter là où l'on en a envie. Pas d'objectif extérieur à atteindre. C'est nous qui nous fixons nos objectifs. En tout cas, moi, c'est comme cela que je vois les choses

    Posté par belleble, 20 janvier 2009 à 10:52 | | Répondre
  • J'admire la démarche mais j'en suis encore bien loin... Cela me fait peur car je sais qu'après, c'est tout mon mode "logistique" qui en sera bouleversé... Là, je reste dans la facilité... J'aurais peut-être plus de volonté, plus tard...

    Posté par Audinette, 20 janvier 2009 à 12:29 | | Répondre
  • La belle assiette de protéines végétales que voilà ! Toute de saison en plus ! J'ai entendu parler sur d'autres blogs de ce livre. Consommer local, c'est devenu important pour moi aussi, avec l'amap entre autres. Comme tu le dis, il est difficile de faire les choses à fond, mais on ne peut pas bouleverser d'un coup notre éducation. Nos générations ont été depuis toujours habituées à la consommation à outrance sans discernement. Comme je l'ai dit l'autre jour à quelqu'un d'autre, nous faisons ce que nous pouvons. C'est déjà énorme de faire cette prise de conscience. D'autres ne la feront jamais. Alors bravo à toi.

    Posté par Cicerolle, 20 janvier 2009 à 14:00 | | Répondre
  • Et bien voilà qui met l'eau à la bouche (pourtant je viens juste de faire une "tarte touchoco" comme dans le livre. Je vais en faire un post !!).

    Sinon, j'ai essayé les petits choux (j'adore ce bouquin : j'arrête pas !!) mais j'ai foiré.. ma pate était trop liquide... Je pense (ok, je suis pas fière) que j'ai du mal avec les conversions (bah oui). 200 ml d'eau, ça fait combien en grammes ou en càs (en Litre c'est trop petit !) ??? Même si je regarde sur des tableaux dénichés sur la toile, je suis mal à l'aise... Arrrrf, pas bien maligne la dame oiselle à ses heures !

    Posté par la dame oiselle, 20 janvier 2009 à 14:05 | | Répondre
  • Audinette : si déjà tu en as conscience...
    Et à propos de facilité : maintenant je trouve beaucoup plus simple d'aller chercher mon panier bio chaque semaine et de n'avoir qu'à choisir entre un radis noir rond ou un long que d'aller dans un supermarché et de me demander ce que je pourrais bien acheter. Je m'en suis vraiment rendu compte pendant ces dernières vacances où nous n'avions pas de panier de légumes.

    Cicerolle : oui, je sais qu'avoir cette prise de conscience, c'est déjà beaucoup. Je crois que c'est aussi pour cela que je la partage sur mon blog. L'envie sans doute que d'autres que moi prennent conscience que le monde marche complètement sur la tête, et que le seul moyen de changer les choses, c'est d'agir - sans attendre que les politiques le fassent pour nous.

    La dame oiselle : rhôôôô ! Tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir de savoir qu'il te plaît ! Merci !
    Pour les choux, cela tient peut-être aux oeufs. A l'époque, j'utilisais des oeufs bio standardisés, donc pas très gros. Et pour l'info, 200 ml, ça fait 200 g. 1 l = 1 kg. Après en cuillères, je ne pourrai pas t'aider
    Bisous !

    Posté par belleble, 20 janvier 2009 à 15:15 | | Répondre
  • es légumineuses c'est à petit dose ici...mais je note la référence de ce bouquin...et regarderait de plus près la provenance de ceux que j'achète...même si la plupart viennent de la bibliothèque

    Posté par mayacook, 20 janvier 2009 à 16:34 | | Répondre
  • J'ai bien aimé suivre ton parcours en suivant tes quelques liens. Je suis moi aussi dans la même démarche que toi, le changement se fait doucement mais dans la durée, histoire d'être en accord avec soi-même

    Posté par Botacook, 20 janvier 2009 à 19:40 | | Répondre
  • je te rejoins dans cette pensée , j'achète les légumes chez le fermier voisin ( pas complètement bio , mais au moins c'est frais cueilli )
    J'adopte ta potée , sans le soja vert que je ne connais pas et qui n'est peut être pas indispensable ? même si je me doute qu'il est là pour sa source de protéines

    Posté par irisa, 21 janvier 2009 à 13:47 | | Répondre
  • J'ai lu le livre il y a quelques semaines et je l'ai (presque) litteralement dévoré! Il fait vraiment reflechir, mais dans une optique positive, pas moralisatrice... D'ailleurs, figures-toi justement qu'en le lisant j'ai repensé à un de tes posts recents, ou tu parlais de ton engagement vers la "simplicité volontaire"...
    Moi non plus je ne pourrais pas me passer de sitôt de certains aliments, mais réfléchir à tout ça, se poser des questions en faisant ses courses, en parler autour de soi et avancer, tout doucement, c'est déjà beaucoup...

    Posté par Clem, 21 janvier 2009 à 14:13 | | Répondre
  • J'adhère à ta démarche! Mais dans la pratique, c'est parfois plus dur qu'on ne le voudrait!

    Posté par kristien, 22 janvier 2009 à 18:32 | | Répondre
  • Je découvre avec plaisir ton blog via Céline de "Granoland" ! Quel plaisir de te lire ! Je te rejoins tout à fait dans ta démarche (cela fait plus de 10 ans que j'essaie de manger "local", d'abord par le biais d'un jardin de Cocagne, puis par notre propre jardin, enfin par le biais aussi des producteurs locaux que l'on rencontre sur les marchés, tout Bio, évidemment). Oui, pour les livres, je regarde la provenance (j'ai travaillé un temps dans l'édition, si j'ai vraiment envie de le lire, je l'emprunte à la bibliothèque), mais aussi pour les vêtements ! Par contre, je n'arrive pas à me passer de tissus et de laines ! Et la provenance et la manière d'imprimer les tissus ne sont pas indiqués dans les magasins de tissus !
    Et comme toi, je ne peux me passer de certains aliments (sésame, agrumes, figues sèches...)
    Bonne journée à toi, à très bientôt !

    Posté par krisstl, 23 janvier 2009 à 09:15 | | Répondre
  • ...et merci pour la recette, les photos sont très appétissantes !

    Posté par krisstl, 23 janvier 2009 à 09:16 | | Répondre
  • joli!!!!

    j'aime tellement ton blog, que j'aimerai le mettre à l'honneur dans la page d'accueuil du mien...je peux?
    biz

    Posté par lory, 28 janvier 2009 à 11:24 | | Répondre
  • c'est le genre de plat réconfortant qui se mange parfaitement en hiver.
    Merci

    Posté par diana, 08 février 2009 à 11:49 | | Répondre
  • c'est le genre de plat réconfortant qui se mange parfaitement en hiver.
    Merci

    Posté par diana, 08 février 2009 à 11:49 | | Répondre
  • Délicieux... maintenant quand j'aurai un chou, je pourrai le cuisiner soit en soupe, soit en potée "super" complète avec céréales et légumineuses... j'avais un peu peur que ce soit fade... mais c'est vraiment délicieux... pile poil de saison... !

    Posté par Teddipearl, 23 février 2009 à 13:15 | | Répondre
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